La lutte au Sénégal
Si la lutte sénégalaise d’hier obéissait, tant soi peu, à la « logique des contraires », qui fondait sa singularité, il est entendu que la lutte sénégalaise d’aujourd’hui, qui se modernise et se professionnalise aura du mal à tourner le dos à une certaine forme de catégorisation des lutteurs prenant nécessairement en compte l’âge et le poids.
La lutte est une activité sportive et spirituelle.
Les combats de lutte traditionnelle, appelées Mbapatt, sont très courus dans toute la Basse Casamance Dans une arène circulaire, chaque lutteur essaie de faire tomber son adversaire. Le perdant est le premier qui met ses quatre appuis au sol, qui se couche sur le dos ou qui sort du cercle en tombant. Ses origines sont lointaines. Il faut savoir que ce sport était jadis pratiqué dans les campagnes pour célébrer la fin des récoltes chez les ethnies Sérères et Diolas, qui restent jusqu’à ce jour un vivier d’excellents lutteurs. Cette joute, à caractère folklorique, avait pour but de mesurer la force des hommes et de désigner le champion du village. Trois sortes de lutte sont pratiquées au Sénégal : la " lutte avec frappe ", la " lutte sans frappe " (surtout en pays Diola, chez les Peul de Casamance ou les Sérère de Sine Saloum), ainsi que la " lutte gréco-romaine " moins connue du grand public.
Plus qu’un sport national, la lutte révèle l’âme du pays, à travers une mise en scène qui mêle la danse, la musique et la religion.
Lorsque l’homme fait son entrée, les griots se déchaînent sur leurs tam-tams. Le lutteur se met alors à tournoyer sur lui-même puis, toujours soutenu par la musique, il récite les baks, poèmes qui proclament sa gloire. La foule lui hurle sa joie et son soutien
Qu’on l’accepte ou qu’on ne l’accepte pas, la lutte est devenue, aujourd’hui, la première discipline sportive pratiquée au Sénégal aussi bien en termes d’impact (populaire), d’audience que de couverture médiatique, de soutien publicitaire et de diffusion.