La Casamance
Coincée entre l'enclave de la Gambie au nord et la Guinée-Bissau au sud, la Casamance province majoritairement chrétienne, est géographiquement isolée du reste du Sénégal, essentiellement musulman.
Cette région est toutefois le principal lieu de riziculture du pays.
Dominée par les mangroves, les rizières et les palmeraies, la Casamance a longtemps été l'une des principales attractions touristiques du Sénégal, même après le début, en 1982, du soulèvement de rebelles séparatistes accusant le gouvernement de Dakar de négligence à l'égard de la province.
Fleuve côtier du Sénégal méridional (320 km)
Pour rejoindre la Casamance il faut d'abord passer par Dakar. L'aéroport Léopold Sédar Senghor de la capitale est desservi quotidiennement par les principales compagnies aériennes.La Casamance est composée de plusieurs ethnies dont les principales sont les Diolas, les Mandingues et les Peuls. Mais aussi les Wolofs, Lébous, Sérères, Baïnuks, Mandjaks, Mancagnes et Balantes qui représentent 20% de la population.
En 1455, les Portugais ont découvert l'estuaire du fleuve peuplé par les Baïnuks sur la rive droite et les Floups sur la rive gauche. Le Vénitien Alvise Da Cada Mosto, au service du Portugal, baptisa ce pays Kassamansa (Kassa pour maison ou domaine et Mansa du nom du roi des Floups de l'époque) qui deviendra plus tard Casamance.
En 1892, La France accroît le comptoir commercial de Ziguinchor, la Compagnie Française pour l'Afrique Occidentale et s'y implante.
En 1904, Ziguinchor devient la capitale administrative de la Casamance;
En 1912 la Casamance est divisée par la Colonie Française en trois régions administratives, Haute, Moyenne et Basse Casamance. La Haute Casamance, le pays Fouladou autour de Kolda, peuplé majoritairement de Peuls. La Moyenne Casamance, autour de Sédhiou, peuplé de Mandingues et de Balantes. La Basse Casamance, de Ziguinchor à l’estuaire du fleuve, le pays des Diolas et des Baïnuks.
Le 4 avril 1960, Le Sénégal lui déclare son indépendance. Le gouvernement mis en place par Léopold Sédar Senghor envoie en Casamance des fonctionnaires venus du Nord du pays. Depuis les Casamançais, qui ont l’impression de subir une deuxième colonisation et d’être exclus de leur terre, réclament leur autonomie. Ils contestent la légitimité du pouvoir de Dakar et reprochent aux gouvernements successifs du Sénégal de privilégier le développement des régions du Nord et du Centre au détriment de la Casamance.
En 1982, la Casamance, région méridionale du pays, est en proie à une rébellion armée qui a fait des centaines de victimes. Le mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dirigé par l’abbé Augustin DIAMACOUNE Senghor, qui explique son action par « la négligence » dont la région fait l’objet.
En 2000 c’est l’alternance politique avec l’élection de Abdoulaye Wade à la présidence de la République du Sénégal, qui annonce qu’il va régler le conflit Casamançais en 100 jours …
Le naufrage le 26 septembre 2002 au large de la Gambie du bateau « Le Joola » qui assurait la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor, a fait plus de victimes que " Le Titanic " officiellement 1.863 morts et seulement 64 rescapés.
Le 27 octobre 2002 pour exiger le retour de la paix 3.000 femmes ont défilé à Ziguinchor. A la tête du rassemblement les femmes du bois sacré qui se sont regroupées dans l’association Kabonkétor (pardonner en Diola). Jusqu'à présent elles accordaient leur soutien aux indépendantistes, mais elles ont déterré les fétiches destinés à les faire gagner … Le revirement de ces femmes respectées et écoutées donne un nouvel espoir de paix à la Casamance.
Décembre 2004, le gouvernement sénégalais et le mouvement indépendantiste ont signé un accord, qui a suscité un espoir pour la paix et la réconciliation et tenter de mettre fin à plus de 20 ans de conflit armé.
Août 2006, les violences ont repris entre un mouvement radical emmené par Salif Sadio, qui a rejeté l'accord de 2004, et des factions rivales du MFDC et les armées du Sénégal et de Guinée-Bissau ; l’armée sénégalaise lance une offensive contre les rebelles du Mouvement des forces démocratiques.
14 janvier 2007, L’abbé Augustin Diamacoune Senghor, le chef charismatique du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) décède à l’âge de 78 ans des suites d'une longue maladie à l’hôpital du Val de Grâce à Paris où il était hospitalisé depuis octobre 2006. Il a été enterré au cimetière des prêtres de Brin dans la région de Ziguinchor.
L’abbé Diamacoune s’est toujours montré d’un irrédentisme intransigeant en réclamant à tous prix l’indépendance de la Casamance. C’est seulement pendant les dernières années de sa vie qu’il appelle à la paix : "le développement économique et social de la Casamance passe par la paix" disait-il comme pour exprimer sa dernière volonté.